Carouf' et sa foire

Revivez le direct de la foire aux vins de Carouf avec le meilleur sommelier du monde 2013

Parce qu'une amie avait liké avec sa joue en s'endormant sur son téléphone (qui peut y croire ?) cet évènement sur la Face du bouc :

"Paolo Basso (meilleur sommelier du monde 2013) va répondre en direct à vos questions
sur ses pépites Carouf (nous avons flouté le nom de l'enseigne pour conserver une part de mystère)
et dévoiler ses secrets"

 

Alors devant un tel teasing, ou aguichage en langue de Molière, nous décidâmes, ma chérie et moi, de regarder et d'étudier à quoi pouvait ressembler ce genre d'évènement chapeauté par une grosse multinationale, numéro 1 européen et numéro 2 mondial de la grande distribution, mais surtout parce que en cliquant sur le lien, le hasard a fait que cet événement commençait en direct, là, maintenant, au même moment (et ça vous pouvez le croire).

Et puis moi je voulais connaitre "les secrets" de "Grande Paolo" !

Pour commencer, avec Vanessa, on s'amusa à deviner les premières questions nautiques (ou bateaux, j'me souviens jamais) et bien entendu Madame Irma et nous ne fîmes plus qu'un, possédés que nous étions :

- Est ce qu'un vin cher est synonyme de bon vin ?

- Comment lire une étiquette ?

- Y a t il une année de prédilection à acheter ?

- Est ce que les médailles veulent vraiment dire quelque chose ?

 

 

Sur ce coup on va vous épargner les "secrets" de notre meilleur sommelier du monde et faire avancer jusqu'à ce qui nous intéresse.

 

Et ça part de là :

- Alors, qu'est ce que le vin naturel Paolo qu'on reconnait à leurs étiquettes farfelues et à leurs jeux de mots (Ah oui, j'ai oublié de vous dire qu'il y a un monsieur acquis à la cause et assis près de Paolo et qui propose les questions que les internautes ont posé ou plutôt les questions qu'un monsieur de chez Carouf avait préparé en attendant qu'un internaute les posent) ?

 

- Ah, ah, ah (Bon, d'entrée on se rend compte que le vin nat c'est rigolo)... beaucoup reprennent des cépages oubliés. Mais pourquoi ces cépages ont été oublié ?

Peut être parce que ... ils n'étaient pas bon ? ha, ha ha, hu, hu, hu (tout le monde se fend la poire sur le plateau)

Dans les années 60/70 c'était une époque ou on devait produire beaucoup de vin (c'est vrai qu'avant on en buvait peu : 200 l/h par an en 1930/40 [http://geoconfluences.ens-lyon.fr] - 100 en 1960 et 42 en 2010 [http://www.lemonde.fr] ) et il n'y avait pas de soucis pour la qualité (je n'ouvre pas la boite de Pandore et passe mon tour ...), on avait besoin de beaucoup de rendement et même si un cépage était de qualité mais en faible quantité, il était, BIEN SUR, mis de côté (Déjà le rendement vs la qualité)

 

- Paolo, vous trouvez parmi ces cépages oubliés (ils insistent comme si les vignerons nature ne travaillaient qu'avec des cépages oubliés, vous savez ceux qui n'étaient peut être pas bons) des Pépites (Le mot de la soirée) ?

 

- Heeuuuu, pour l'instant je ne l'ai pas encore trouvé (Mais chez Carouf par contre tu dois en trouver à la pelle c'est sûr), je cherche, je continue mes expériences (Bien sûr nous n'aurons pas de noms de vignerons chez qui il s'est expérimenté) mais voilà j'espère trouver un jour la perle rare et dire "tient, c'est ça que j'attendais (!) mais pour l'instant ce n'est pas le cas" (Pour toi Paolo, je te propose de suivre l'astérisque qui te mènera à quelques propositions de quilles de vins vivants adoubés par des professionnels ou un "trèèèèès grand" critique vinicole, comme toi, juste pour te rassurer et te mettre à l'aise *).

 

Alors, le vin naturel .... déjà ça ne veut rien dire (Tient, nous sommes enfin d'accord) l'état et l'inao ont essayé de codifier ce vin naturel mais c'est impossible parce que c'est un mot tellement vaste qu'il n'y sont pas arrivés ("vin propre" "vin vivant" ou "Vin de raisin" ? non je déconne)

 

Au contraire le bio et la biodynamie sont très cadrés par l'union Européenne (toujours des cadres, des lois ... et d'ailleurs, les vins conventionnels sont tellement bien cadrés qu'on n'arrive toujours pas à savoir quels sont les pesticides et intrants chimiques, et en quelle quantité, qui sont contenus dans les bouteilles !)

 

Mais le problème (Aïe), car j'aime et je suis un acheteur de produits bios, le problème c'est que depuis un certain temps c'est instauré en France une tendance qui est ABSOLUMENT mauvaise (Préparation d'un Scud ?!?!) et qui peut faire mal au monde du vin (puisque tout se passe bien jusqu'à maintenant ...) il s'avère que certains vins sont fait avec des méthodes œnologiques pas très pointus (chez les vins conv c'est vrai qu'ils sont TRES pointus) et, comment dire ... heu ... ILS ONT DES DEFAUTS (Bingo !! C'est prodigieux qu'il faille toujours commencer par dénoncer le mouton noir du troupeau voisin, sans remarquer qu'il y en a toute une escouade dans le sien, plutôt que de mettre en avant le reste du troupeau qui pâture tranquillement dans le pré !) et nous sommes arrivés à un stade ou on vous invite à tolérer un défaut en justifiant "mais c'est un vin naturel il faut le comprendre", c'est comme si vous allez acheter une pomme (Chez Carouf ?), elle est pourri (Ah ben non, c'est pas possible avec des pommes "chimiques" ...) et on vous dit "Il faut la manger parce qu'elle est naturelle, elle est pourri mais elle est naturelle" (Aucune exagération, tout en nuance le Paolo). Est ce que vous mangez cette pomme ? Je crois pas (Heu ... comment dire ... nous non plus !).

 

Et le vin c'est pareil, je peux vous proposer une liste de producteurs Français qui produisent en bio des vins naturels qui sont ABSOLUMENT EXCEPTIONNELS (et voilà notre bon Paolo qui nous accole discrètement et délicatement à "vin bio" le terme "vin naturel" alors qu'il y a quelques instants il nous déclarait sur l'honneur "Vin naturel ça ne veut rien dire" ! ) donc je ne suis pas prêt à accepter des défauts (mais des pesticides et de la chimie sans soucis puisque tu n'en parles pas concernant cette belle foire aux vins que tu nous as concocté) avec l'excuse "c'est un vin naturel" (qu'on se rassure encore une fois, nous non plus)

 

Et si on continue comme ça, dans 10 ans on ne boira plus de vin, on boira d'autres boissons (Pirouette finale, triple salto arrière vrillé, ramasse tes boules t'as gagné ! Mais je vous jure que c'est véridique)

 

Fermez le ban, le paillasson est a changer.

 

 

Pour rappel - Site internet suisse "Le Temps" au sujet de Paolo Basso quand il n'était pas encore le "représentant" d'une chaîne d'hypermarché

Patricia Briel, Mendrisio
Publié vendredi 18 mai 2007 à 02:18.

Paolo Basso apprécie les vins élaborés de "la manière la plus naturelle possible, sans soufre". Et ceux qui ont une âme. "Je distingue les vins de vignerons faits à la vigne des vins d'œnologues faits à la cave. Et donc les vins artisanaux des vins industriels. Certains vins impressionnent de prime abord mais ne tiennent pas la route dans la durée. Un vin solide qui vient d'une viticulture soignée a de la valeur, il vieillira bien."

 

 

 

En conclusion, et même s'il s'agit d'un évènement publicitaire sur la toile à la gloire d'une chaine d'hypermarché ayant pour but de présenter et vendre ses ("bons") produits, on peut quand même dire qu'en 2017 l'information reste toujours brouillée concernant le vin et ses pratiques œnologiques inconnues du grand public, que l'absence d'indication concernant l'utilisation des pesticides et en quelle quantité reste de mise, que toutes les explications concernant les "vins propres" sont toujours à charges et suspicieuses et qu'au final le consommateur reste le dindon de cette grande farce car, même s'il en faut pour tous les goûts, le silence assourdissant des "professionnels" du vin doublé de l'omerta médiatique trompent manifestement par omission le client sur ce qu'il consomme à son insu.

Et pour nous qui avons aussi été trompé tant d'années nous privant ainsi du droit de choisir, ça ne passe toujours pas. Surtout en 2017.

 

 

 

 

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*C'est gentil d'avoir suivi l'astérisque Paolo et puisque tu déclares au sujet des "vins naturels" : "j'espère trouver un jour la perle rare et dire : tient, c'est ça que j'attendais mais pour l'instant ce n'est pas le cas", voici comme promis dévoilées pour toi 3 créations (parmi d'autres) que tu pourras trouver sur notre site et qui, pour te rassurer et te montrer que même des critiques vinicoles, comme toi, arrivent à apprécier des vins dits "nature", c'est à dire zéro pesticides, zéro chimie ajoutée et même pas de SO2 lors de la mise, peuvent tomber "in love" devant ce genre de vins même si cela reste secondaire car on connait les excès déjà pratiqués, et dénoncés, par certains "professionnels".

Alors commençons par la "Grande Ponte de la critique vinicole", j'ai nommé Robert Parker qui, lui, est devenu un aficionados des créations "Gamaysque" de Jean Claude LAPALU, vigneron dans le Beaujolais, à tel point que, chose ultra rare, il se déplace lui même sur les terres de Jean Claude pour accéder à ses nectars au contraire de la grande majorité qui lui envoient des échantillons. Il a classé Lapalu dans la catégorie "Producteurs remarquables" avec des notes oscillant entre 89 et 94/100 dont le fameux Brouilly Vieilles Vignes 2014 noté 92/100 et à retrouver parmi d'autres perles de notre vigneron du Beaujolais.

 

 

 

 

 

 

Passons ensuite à "la bible du vin", le magazine Anglo-saxon Decanter qui, avec son prestigieux concours des vins le Decanter World Wine Awards, est une référence mondiale dans le domaine vinicole et dont le prix à plus d'importance pour un vigneron qu'une médaille Française (bien que nous même n'y prêtions peu d'importance).

Et c'est là que nous trouvons le vin rosé de François Miglio vigneron Varois qui nous réconcilie avec les Côtes de Provence et qui nous a pondu l'an passé un superbe rosé Roche d'Enfer travaillé en biodynamie et vinifié sans AUCUN ajout œnologique ni rajout de SO2 (pas même lors de la mise en bouteille). Et c'est peu dire que le magazine Decanter l'a apprécié puisque il lui a mis la note stratosphérique de 95/100 (le lien).

Tu comprends bien par toi même, Paolo, qu'il existe donc des vins qui respectent la terre, le consommateur et son palais.

 

 

 

 

 

 

Et pour terminer, the last but not the least, le P-U-Riste du Beaujolais, j'ai nommé Cyril Alonso et son associé Florian Looze de la maison P-U-R (Production Unique Rebelle) qui à chaque fois qu'ils présentent une bouteille à un concours pour le fun, et sans spécifier qu'il s'agit de "vins naturels" repartent avec leur médaille d'or que ce soit à Lyon avec son gouleyant Coteaux Bourguignon 2015 ou de Mont de Marsan pour son aérien et lumineux Beaujolais Village vieilles vignes 2015.

Des jus P-U-R, sans rajouts vulgaires, des P-U-R jus de raisin fermentés nets et droits que tu devrais essayer Paolo car à un moment donné c'est bien beau de vouloir manger mais il ne faut pas se fourvoyer non plus.

Malgré nos désaccords, il faut que tu saches, Paolo, que nous t'aimons bien quand même mais que nous n'irons pas à la Foire aux vins de printemps de chez Carouf.

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Ah j'oubliais, le lien concernant ce direct passé : https://www.facebook.com/carrefour/videos/1017295101735230/