Schizophrénie médiatique

Schizophrénie Médiatique ou comment les medias peuvent faire dans la même semaine la Une sur la disparition des abeilles et une autre sur des Domaines Viticoles utilisateurs de pesticides ... tueurs d'abeilles !



Nous pouvons vous l'avouer sans ambiguïté : Les médias nous dépriment et nous emmerdent !


Cela fait bien longtemps que nous n'achetons plus les journaux papier et ne regardons plus toutes ces chaines d'infos qui, à part nous ramener toute la misère du monde sur les godasses, ne fait pas avancer les maux dénoncés : Toujours des guerres, des assassins, des pédophiles, des extrémistes de tous poils, des empoisonneurs de la nature, etc. Cependant, ces infos ont un effet incontestable : Elles laissent les lecteurs et autres téléspectateurs dans un état anxiogène désolant après avoir ingurgité le mille-feuilles informatif quotidien.

 

Malgré tous nos efforts pour passer entre les goutes de cette surinformation, nous ne pouvons échapper, quelquefois, aux Unes des journaux affichées ici ou là et particulièrement à celles du "canard" du coin, j'ai nommé VAR-MATIN (car nous habitons le Var), sur qui notre billet d'humeur va porter même si cela pourrait s'adresser à tous ces journaux papiers qui, eux aussi, continus d'apeurer la population sous couvert du sacro-saint droit à l'info tout en négligeant, souvent, d'enquêter sérieusement sur des sujets plus complexes qu'ils ne peuvent apparaître comme le vin et tout ce qui touche à sa fabrication.

 

Car notre "coup de cri" concerne justement tout ce qui touche à la vigne et au vin et de quelle manière les quotidiens régionaux les présentent à leurs lecteurs.

Sachez au préalable, que notre site internet lespeauxdevins.com met essentiellement en avant des vins purs, des vins propres, des vins naturels c'est à dire des bouteilles dont le raisin est cultivé en bio ou en biodynamie et vinifié avec très peu d'intrants chimiques voire pas du tout !

C'est pourquoi notre agacement concernant ce sujet viticole appelle les questions suivantes :

 

A notre époque, comment est il encore possible de faire dans le même mois, la Une sur la disparition des abeilles par un alarmant "SOS Abeilles", avec bien entendu en toile de fond l'usage massif de pesticides qui participent fortement à cette éradication, et enchainer par des Unes, très récurrentes, à la gloire de certains Domaines viticoles Varois (trop souvent les mêmes par ailleurs à croire qu'ils ne sont qu'une grosse dizaine dans le département) qui emploient eux même ces mêmes pesticides tueurs ... d'abeilles !!



SOS Abeilles.jpg



Eloquent mais surtout fascinant !

 

Comment peut on réaliser dans la même semaine (ou presque) la Une sur "les Agriculteurs qui ont dit stop au Glyphosate" et enchainer quelques jours plus tard par une première page concernant certains GROS domaines ou Caves Coopératives, Varois bien entendu, qui ont fièrement ramenés des médailles du Salon Agricole de Paris alors qu'elles utilisent fréquemment des pesticides destructeurs du vivant qui souillent nos sols et empoisonnent nos nappes phréatiques avec les conséquences dramatiques que nous connaissons depuis trop longtemps et qui, bouchon sur la bouteille, ne se gênent pas d'appliquer, lors de la phase de vinification, un cahier des charges généreux et totalement inconnu du grand public qui autorise, l'emploi de dizaines d'intrants chimiques pour "habiller" voire "déguiser" leurs vins !





Ecrire, comme en Une du 12 mars 2018, que "Pluie de médailles sur le haut Var Viticole .... un sésame pour être lisible sur le marché ... fruit de lourds investissements" n'est pas de l'information mais plus surement un publi-reportage déguisé !



Publireportage Var Matin

 



MEDAILLES - MARCHE - INVESTISSEMENTS voilà en 3 mots résumé le marché du Vin par ce quotidien qui, bien évidement, n'est pas le seul à réduire le nectar des dieux à l'économie, au marketing et à la performance.

 

 

Absolument déprimant et désespérant car, pour nous, les 3 mots qui nous viennent concernant les vins que nous mettons en avant sur notre site lespeauxdevins.com sont : SAVEUR - EMOTION - PARTAGE

 

 

Et même si tous les concours ne sont pas à mettre dans le même sac, ISABELLE SAPORTA dénonçait il y a une poignée d'années dans son documentaire "Vino Business" les petits arrangements entre amis pour l’attribution des médailles "qui feront augmenter allègrement les ventes" !

 

Saviez vous que les règlements permettent de médailler 33% des vins présentés !

 

Saviez vous qu'au célèbre "Concours Général de Paris" 4000 médailles sont distribuées durant les 2 jours du concours soit .... 50% des finalistes !

 

Ceci nous fait penser de la fameuse émission de télé diffusées des années 70 aux années 90, "L'Ecole des Fans" présentée en son temps par Jacques Martin, qui concluait les concours de chant par un "Tout le monde à gagné !". Pour le pinard on n'en est pas loin.


Et puisque nous venons d'ouvrir la boite de Pandore, ISABELLE SAPORTA mettait aussi au grand jour la main mise des apprentis chimistes au service du tout business, les vignobles dans lesquels pesticides et cancers font bon ménage, les nouvelles méthodes de classement, concernant les grands crus comme à Saint Emilion par exemple, qui prennent en compte le parking dédié aux clients, la présence de toilettes ou la "qualité" des hôtesses ! François de Contencin, avocat, avance même le fait que "la note de dégustation n’entre qu’à hauteur de 30% dans le classement d’un 1er Grand Cru de catégorie A"!!!

Etonnant, déconcertant, affligeant, dérangeant ...


Et c'est pourquoi cette schizophrénie médiatique nous rend dingue.

Sans compter ces Unes grossières affichées plusieurs fois par an à propos des "Foires aux Vins" organisées par de Grandes chaines d'hypermarchés. Ce qui, pour nous, s'apparente à des célébrations à la gloire des grands responsables de la désertification de nos centres villes et qui sont parallèlement au cœur de pratiquement tous les scandales alimentaires des dernières décennies ! Mais, attention, seulement en tant que distributeur, pas en tant que producteur. Un vibrant hommage au trop fameux "Responsable mais pas coupable" !

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Donc, VAR MATIN aime mettre en avant ces Foires à la consommation et envoie ce même consommateur, qui n'y avait même pas pensé, à aller dépenser ses euros alors que dans les rayons de ces Hypers se trouvent de trop nombreuses bouteilles de Vin "fortement chargées" comme, par exemple, cette marque poids lourd au nom d'un Baron qui n'existe même pas, qui écoule plus de 8 millions de cols par an dans l'hexagone et dont la bouteille phare affichait en 2012, selon l'émission "Spécial Investigation", 14 résidus de pesticides (dont 1 interdit en France) et près de 70 intrants chimiques ajoutés lors de la phase de vinification !

Vous nous direz "ce millésime 2012 ne doit plus être en vente", détrompez vous, si les bouteilles se font rares, ce millésime est encore trouvable AUJOURD'HUI en Bag in Box sur les sites marchands de plusieurs hypermarchés !! Responsable mais pas coupable Acte II.



 

Concernant la Foire aux Vins, la SEULE VRAIE INFO qui pour nous doit apparaître en Une de votre quotidien, ce n'est pas "Foire aux vins - huit pages spéciales", mais bien "Foire aux Vins - Scandale : de trop nombreuses bouteilles fortement chargées de pesticides et en intrants chimiques en vente dans cet Hypermarché"

 

Mais bon sang, cela ne dérange t-il que nous de voir tous ces Pollueurs continuer de parader leurs médailles en étendard avec la complicité médiatique de ceux qui les mettent en Une ?

 

Car nous parler de marketing, de la forme de la bouteille, de la couleur des médailles ou de la quantité de quilles vendues, pas de soucis, ça foisonne d'articles à longueur d'année.

Par contre informer son lecteur au sujet de la fabrication du nectar des dieux, ça se bouscule moins au portillon. L'éclairer sur ce qu'il consomme réellement, le plus souvent à son insu, ça ne court pas les gazettes.

 

De plus, concernant l'étape où le vigneron transforme son raisin en vin, c'est à dire la phase de vinification, combien d'amateurs de vins connaissent le cahier des charges autorisant le type et la quantité d'intrants chimiques autorisés dans leur flacon de rouge, en imaginent ils même un ? Et ce n'est pas l'absence d'étiquette sur sa bouteille qui va l'éclairer puisque, le saviez vous (nous en doutons fortement), le vin est le seul aliment de France, LE SEUL, qui n'est pas soumis à l'obligation de coller une étiquette indiquant sa composition !!

 

Hallucinant. Arrangeant.

La preuve que la chasse au tout chimique n'est toujours pas ouverte dans les medias. Ou si peu. Ou alors juste pour se donner bonne conscience, durant un temps.

Et c'est là où le quotidien régional doit marquer sa différence, informer et non amuser la galerie avec des Unes vides de fond.


C'est bien beau de rire, à juste titre, du Président Américain lors de son retrait des accords de Paris, de ricaner de celui qui se moque de l'environnement, et de continuer à faire des Premières pages à la gloire de ces Domaines connus qui continuent de souiller notre planète sans aucune honte alors que l'on connait la dangerosité de certains produits phyto sanitaires puisque justement Var Matin en a déjà fait des Unes !! cqfd

Serait ce parce qu'il s'agit d'annonceurs importants et qu'il faut bien leur rendre la pareille ? Nous n'osons le croire. Ou pas.



Si de plus en plus de vignerons cultivent en Bio et produisent, de fait, des vins moins nocifs pour l'environnement et la santé, pourquoi les autres, adeptes du pesticides, ne passent ils pas ENFIN le pas ? Question de productivité et de gains ? Nous n'osons le croire. Ou pas.

Ce qui nous interpelle aussi c'est de savoir si c'est à nous de faire ce genre d'article qui sera lu par une poignée d'internautes ou à ce journal régional, qui tire aux alentours de 50 000 journaux par jour, de faire la traque à ces pollueurs et empoisonneurs ? Bien entendu, sur ce point pas de doute.

Car l'investigation journalistique et l'éducation des masses font bien parti des fondamentaux du journaliste en plus d'une déontologie certaine et pour l'heure nous pouvons affirmer que le compte n'y est pas en ce qui concerne l'information relative au vin et sa fabrication.

De notre côté nous défendons bien entendu les créateur de nectars qui n'utilisent pas de pesticides et qui vinifient le plus naturellement possible, c'est à dire avec peu ou pas d'intrants chimiques (bien loin des 70, voire plus, autorisés) car nous défendons l'idée de ces vignerons qui consiste à travailler en symbiose avec la nature, à lutter pour la préservation de la vie entre les rangs et non pas à tenter d'appauvrir et assassiner toute forme de vie.




Auparavant pour sauver des abeilles nous signions des pétitions (en vain). Depuis que nous buvons des vins naturels nous sauvons des abeilles !